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Polir

Mon bien trop cher Amour, 


Tu m’as fait oublier tous les enfants du monde en me couvant de ton regard. J’ai su, que je ne tomberais plus jamais amoureuse. Ne compte plus me trouver saine d’esprit, il faut que nous lapidions d’un instinct commun la raison. Je suis repartie cette après midi du petit café, des morceaux de toi collés entre mes bras, sous mes fessiers, entre mes narines? Avec moi, j’ai l’impression que tu deviens homme. Tu as deux cent ans et tu me connais bien. Mon avidité de te voir est bouillante, comme du vin chaud, comme la Bretagne, l’été. André, je pense qu’il est temps que tu le saches. Je n'ai pas bu ou siroté une tasse de thé sans maudire l’ambition qui me tient éloignée de toi. L’ambition n’est ce pas un phénomène ridicule de la raison, ça aussi? Tu ne le sauras jamais. J’ai l’impression que de mes poignets seuls, j’ai démonté tes métiers du futur. Il y en avait trop. Lors de notre première rencontre tu voulais devenir acrobate, ou sculpteur ou encore éleveurs de fauves durs. Un soir, à la cafétéria ma petite nièce que j’aime peu m’a demandé lequel des animaux du zoo, était le plus féroce. J’ai répondu le lion. Le seul animal qui m’inspire de la pitié, n’est rien que de toi. 


Si j’étais présidente, et belle comme le jour, sous des arcades humaines, phénomènes de beauté, j’irai tout les soirs, bras ballants, me faire polir le chinois. 

Candice 

Non-Nom



Jeremy Barniaud
Connaissez vous les heures à trous ? A ma droite, francs-tendus comme deux miroirs se faisant face dangereusement, il y avait un couple, c’était un couple foutrement laid et il sont partis au bout d’une heure trente trous. Moi j’étais seule et je sirotait du thé à la pêche. Les heures à trous sont des heures qui ne sont pas perceptibles en le spectre d’une montre, des heures jugées selon leur valeur vraie. En somme les heures utilisées intelligemment ne forgent que peu de trous et afin d’atteindre le nombre fatal des soixantaine de trous, une journée s’écoule parfois. Devant l’écran, et dans le vide, dans l’ennui, chez les jeunes surtout, le temps se perce. La mer, ce n’est dans le fond qu’un grand café : les jeunes filles douces sont sucrées et les amants lourds ont une bedaine en moutarde. 

Le couple entre et commande deux coupes de vin, blanc, rouge, il n’est qu’onze heures du matin. Voyageurs entre deux routes. Ils entrent amoureux. D’un regard rapide, ils choisissent une table et transforment le recoin sombre en alcôve. La fille sourit l’amour. Je souris à mon tour. Ils sont très beaux et tu es en retard, ma vie a toujours eu le gout d’un légume trop cuit, juteux d’amère, cerné de noir. Trop cuit, c’est à dire trop nourri de fantasmes dans le fond. Je suis ce pistolet que l’on charge à seize transes par jour. 

On me demandait : - Esperance tu n’as pas honte? Je repondais que j’avais l’impression d’avoir des oranges à la place des joues. 

Est ce que les belles femme au sang marin veulent des mômes? Non.