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Jeremy Barniaud
Connaissez vous les heures à trous ? A ma droite, francs-tendus comme deux miroirs se faisant face dangereusement, il y avait un couple, c’était un couple foutrement laid et il sont partis au bout d’une heure trente trous. Moi j’étais seule et je sirotait du thé à la pêche. Les heures à trous sont des heures qui ne sont pas perceptibles en le spectre d’une montre, des heures jugées selon leur valeur vraie. En somme les heures utilisées intelligemment ne forgent que peu de trous et afin d’atteindre le nombre fatal des soixantaine de trous, une journée s’écoule parfois. Devant l’écran, et dans le vide, dans l’ennui, chez les jeunes surtout, le temps se perce. La mer, ce n’est dans le fond qu’un grand café : les jeunes filles douces sont sucrées et les amants lourds ont une bedaine en moutarde. 

Le couple entre et commande deux coupes de vin, blanc, rouge, il n’est qu’onze heures du matin. Voyageurs entre deux routes. Ils entrent amoureux. D’un regard rapide, ils choisissent une table et transforment le recoin sombre en alcôve. La fille sourit l’amour. Je souris à mon tour. Ils sont très beaux et tu es en retard, ma vie a toujours eu le gout d’un légume trop cuit, juteux d’amère, cerné de noir. Trop cuit, c’est à dire trop nourri de fantasmes dans le fond. Je suis ce pistolet que l’on charge à seize transes par jour. 

On me demandait : - Esperance tu n’as pas honte? Je repondais que j’avais l’impression d’avoir des oranges à la place des joues. 

Est ce que les belles femme au sang marin veulent des mômes? Non. 

2 commentaires:

  1. En fait je pense que le plus simple, serait que tu me dises de quel texte tu es la plus fière, et ce sera plu drôle de t'insulter après. ;)
    PS : J'ai été trahi, c'est un blog ! Et laisse les deux fridas tranquille. Haha

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  2. Vous êtes la nouvelle Louise Labbé des hôtes de ces bois.

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