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Rencontre trente trois







Chaque fois qu’elle faisait l’amour, le corps de Victoire s’affaissait. Elle était de celles qui n’ont pas bien vécu le passage entre l’âge enfant et l’âge grandi. Si elle n’avait pas été si belle, je crois que je ne l’aurais jamais aimée. Et je te dis, moi, que je l’ai aimée de façon plus régulière que la rosée du matin. Victoire était rude comme le jour, une transe dans le vent, elle était mince aussi mais ce n’était pas très important. Ce qui m’importait lorsque membre de mi-corps se dressait, c’était l’Amour qu’elle ne me donnait pas. 

Elle ne s’endormait jamais à la même heure mais toujours son enfance durait trop fort, trop loin, jamais dans la même direction. Je créais des épices, conçues pour me nuire de désir. J’avais les mains moites de l’impression d’avoir véçu  et les kleenex adoptait au bout d’une trentaine de minutes entre trois et quatres heures du matin ma Lumière. Lorsque j’avais enfin terminé, on n’entendair plus que le bruissement de quelques feuilles attardées et éreintées sur les routes du quinzième arrondissement de Paris. Quelques voisins trop jeunes rentraient de soirées ou de boîte sans conserves nocturnes. Les maisons se penchaient en son nombril, et je lui chuchotais « Laisse moi t’aimer, pendant quelques heures, nous posséderons le silence sinon la contemplation.» 





Rencontre trente-trois


L’hôtel Ville-Dieu dans une petite ville de province, vide de monde qui n’a pas trop d’interêt, il est vingt-trois heures trente, Victoire et l’Amant ferment leur porte à clé pour ne point se faire voler le contenu de leurs sacs de voyages. Elle s’assoit sur le bureau de bois en face du lit, il est allongé regarde son téléphone portable penfant trente secondes puis ils échangent un regard gêné. Vous l’aurez compris, il s’agit de leur trente troisième rencontre. 


VICTOIRE - Je transpire sous mes vêtements.

Il renifle mais ne sent rien, il rit, hoche la tête et fait sept fois le tour de sa bouche avec Madame sa langue avant de parler.

VICTOIRE - Tout à l’heure, lorsque nous étions au café, le trompettiste de jazz m’a remarquée, regardée, désirée et moi je n’ai pas senti mes têtons se durcir. 

L’amant s’en fiche. Il osculte rapidément son reflet dans le miroir et se recoiffe aussitôt. 

VICTOIRE -  Je veux que l’on se marie, j’ai toujours aimé les fondues de poireaux, les robes blanches, les lacs et les odeurs de lavande que l’on retrouve dans chaque grand hôtel italien. J’ai pensé à Turin, j’espère que tu aimes Turin, tu n’es pas trop grand, tu arriveras à passer en dessous des plus minuscules arcades et après avoir soupé on pourra se tenir la main. On aura des bagues, jamais d’enfant, on sera mariés mais on ne sera jamais heureux. Moi je veux que l’on se marie vite pour jouir de ce mariage tandis que mes cheveux sont encore blonds comme le jour. 

L’amant s’en fiche. Il se sert un verre d’eau, le boit mais recrache la fin du verre 

AMANT : Bof, pas d’insecte dans mon verre finalement, je ne génère pas encore de la vie. 

Il boit la fin du verre qu’il vient de recracher puis rit jaune. 

VICTOIRE : Pourquoi tu ne dis rien ? Pourquoi as-tu rompu nos fiançailles ? Pourquoi n’es-tu jamais venu me revoir depuis ? Je t’attendais à la sortie de ton job, je t’attends toujours. Pourquoi ne veux-tu pas venir ce soir ? Pourquoi je dois dormir toute seule, j’ai froid d’être seule tu sais? Je sais que tu le sais. On oublie pas ce genre de chose. Pourquoi tu parles si peu, est ce que tu préfères écrire? J’ai envie de t’en vouloir mais je n’y arrive pas. Maintenant je rentre chez moi, avec les tulipes que tu ne m’as pas achetées. 


Fausse fin 

1 commentaire:

  1. Curieux, mais cette fois-ci, je n'ai pas aimé le style. Ou bien peut-être en faut-il plus pour me convaincre.

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